Mardi 2 février 2010
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18:24
BERTHIE
LA PETITE POULE ROUSSE
TEXTE : J. GOBERT / DESSINS : S. LOEFFLER
Une petite poule rousse fort indocile répétait à qui voulait l'entendre, qu'il était hors de
question, pour elle, de se contenter de son rôle de gallinacé.
- J'ai des
projets, caquetait-elle, et de l'avenir !
Un matin, alors que par mégarde le fermier avait mal refermé la porte de l'enclos, Berthie
se hâta à l'extérieur et pressa le pas jusqu'à une distance qu'il lui parut raisonnable.
-Ha, l'air libre, à moi
l'aventure !
Puis elle continua son chemin d'un pas modéré, allant de ci, de là, jusqu'aux abords du
village ou elle
rencontra un serpent.
- Quel joli ver que voilà
!
Elle s'en approcha doucement d'un pas feutré, et arrivé à distance de bec, elle lui sauta
dessus. Cependant, avant même d'avoir pu goûter la chair de sa victime, elle sentit l'extrémité de son aile gauche, prisonnière.
Berthie
se débattit tant et tant qu'elle parvint à se libérer de la morsure non sans y laissé quelques rémiges et se mit à courir. La couleuvre semblait la désirer tout autant qu'elle eut désiré le joli
ver.
A bout de souffle et à l'orée de la forêt, Berthie
s'arrêta auprès d'une souche pour se reposer où bien vite elle s'endormit. Quelques heures
plus tard, la faim au ventre, Berthie se remit en quête de son repas, grattant et grattant les feuilles que l'automne avait déversées.
Heureuse, enfin, de trouver de petits
insectes, Berthie continua si fort son grattage, que ce ne fut pas sans en alerter les animaux alentours. Tous venaient voir qui pouvait ainsi venir troubler leur
quiétude.
- Quel drôle d'animal, fit
l'écureuil ! --
Drôle de comportement, ajouta le hibou.
- Quelle
férocité, renchérit le lièvre. Pensez-vous
qu'elle veuille creuser
un... OUPS ! Et il disparut.
L'approche d'un renard à l’affût l'avait fait fuir avant
qu'il n'eut le temps de finir sa phrase. Celui ci s'approchait à pas tapit, pour mieux voir ce qui lui semblait être le meilleur festin du mois. A une bonne distance de saut, le renard se lécha
les babines une dernière fois, mais notre poule grattait si fort la terre, qu'elle lui en envoya une giclée qui le fit éternuer. Ainsi alerté, la petite poule rousse l'ayant aperçu se mit à
courir en caquetant de toutes ses forces. Le renard, ne souhaitant pas laisser échapper un tel déjeuner, courait derrière elle en claquant les mâchoires pour s'en saisir. Lorsqu'il parvint à lui attraper une patte, la poule, prisonnière, se
retourna et lui tapa si fort du bec sur le museau et si fort des ailes sur la tête que le pauvre renard lâcha prise devant autant de difficultés.
Tout affolée de cette deuxième mésaventure, la petite poule rousse battit si fort des ailes qu'elle se retrouva perchée sur un arbre. Elle continua à grimper jusqu'à sa cime afin de
mettre une distance raisonnable entre elle et son agresseur.
(à suivre)
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